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Le Baron Philippe, comme l’appelaient couramment les médocains, fut un de ces hommes qui contribua à la renaissance du vignoble pauillacais. Lorsqu’il hérita des domaines de Mouton et d’Armailhacq, les grands vins étaient passés de mode, les années trente ayant sonné leur glas. A titre d’exemple, la récolte 1930 de Mouton Rothschild avait été vendue en vrac au négociant parisien Achille Hauser à seulement trois fois le prix du médoc et fut embarquée pour Bercy en wagons citernes. Cependant, le lustre d’antan demeurait encore de mise à Mouton et le jeune Baron Philippe demeurait plein d’ambition pour ses grands crus pauillacais. Si l’après-guerre devait lui permettre de s’exprimer pleinement, notamment en faisant de Mouton Cadet la marque de vin la plus connue au monde, le conflit de 1939-1945 se révéla comme une redoutable épreuve.
Dès le 1er septembre 1939, le Baron Philippe se prépare au pire et confie officiellement à Jacques Lévy et Aurélien Agert les pleins pouvoirs pour la gestion de ses domaines de Mouton et d’Armailhacq. Le 28 septembre, il confirmera ce choix qui s’avèrera judicieux, car Aurélien Agert devait sauver ces deux crus classés de la convoitise de l’occupant et de la rapacité de la collaboration. Saisis comme « biens juifs » et mis sous tutelle dès fin 1940, le Château Mouton Rothschild et le Château Mouton d’Armailhacq ne connurent pas le pillage en règle qui affecta le patrimoine de beaucoup d’entreprises françaises détenues par des israélites. Caves murées, dissimulations, fausses déclarations, et artifices divers, permirent à Aurélien Agert de sauver les stocks et de continuer l’activité tant bien que mal. Pour preuve, le stock de Mouton à fin 1939 était de 75 010  bouteilles et de 879 barriques, fin 1945, il sera de 115 419 bouteilles et de 1004 barriques. De même à Mouton d’Armailhacq, de 12 665 bouteilles et de 965 barriques le stock passera à 71 291 bouteilles et 1 175 barriques. Difficulté, il restait encore à vendre ce stock pléthorique. Heureusement, le magnifique millésime 1945 attira une nouvelle clientèle puis le nom magique de Rothschild fit le reste.